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    Une si douce occupation

    le 29 octobre 2005 | 387 visites | 2.83 / 5 | 0 commentaire(s)

    Quelque part l’an dernier, je vous parlais d’un spectacle de Pol Pelletier qui portait, entre autre, sur la sous représentation des femmes dans l’Histoire telle qu’elle est habituellement racontée. Cette soirée a fait germé en moi le désir d’en savoir plus sur Simone de Beauvoir. Cet été, j’ai lu les deux premiers tomes de ses mémoires, Mémoire d’une jeune fille rangée et La force de l’âge. Alors que le premier relate son enfance et son adolescence, jusqu’à la rencontre de Sartre, le deuxième tome porte essentiellement sur les années d’Occupation en France.

    L’impression générale de l’Occupation que me laissais de Beauvoir me semblait peu représentative de ce que ça devait vraiment signifier. Elle et Sartre continuaient plus ou moins leur travail, publiaient leurs premières oeuvres, goûtaient à la gloire naissante. Quand était-il de l’Occupation dans tout ça, me demandais-je. J’avais entendu dire que Sartre avait même été collabo alors ça ajoutait à ma curiosité... Pour en savoir plus sur la question, mon gentil papa me proposa de lire Une si douce Occupation de Gilbert Joseph, paru en 1991. Dire que ce livre jette une nouvelle lumière sur ce couple serait un euphémisme... On y apprend, avec maintes preuves et témoignages qui permettent une triangulation convainquante, que loin de s’être investis dans la Résistance, comme ils l’ont pourtant fait croire par la suite, Castor et Sartre s’en sont plutôt lavé les mains.

    Pendant que leurs amis, collègues, voisins et élèves disparaissaient autour d’eux, ils continuaient à se faire des petits soupers, des Fiesta, bien arrosés à part ça. Ils publiaient leurs oeuvres alors que le monde parisien, donc français, de l’Édition était sous contrôle des autorités nazies et de leurs nombreux collaborateurs Français, bien contents de continuer leurs affaires. En gros, ils on choisi de ne pas voir, de ne pas agir, et de ménager la chèvre et le chou pour pouvoir réaliser leurs ambitions professionnelles.

    Très décevant venant d’une pionnière du mouvement féministe. Je m’oblige à lire Le deuxième sexe quand même, mais avec un certain goût amer en bouche. On s’attendait à mieux de ces deux-là.

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    Mots-clés : politique , société , livre et france

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