Si l’ONU avait un anniversaire dont elle rêvait depuis longtemps, c’était bien celui de ses 60 ans. Depuis longtemps paralysée, elle espérait bien qu’à cet anniversaire, ses membres sauraient lui redonner la mouvance de ses jeunes années.
La plus grande honte du siècle s’appelle probablement la lâcheté. Lâcheté dans l’effort, dans l’action, lâcheté dans la sincérité des paroles prononcées, lâcheté dans des visions édulcorées de nécessitées criantes.
Comme si de rien n’était, le sommet exceptionnel qui rassemblait presque tous les chefs des États membre de l’Organisation des Nations Unies, s’est terminé la semaine dernière dans un l’immense cacophonie du silence. Cette cacophonie qui y règne depuis tellement longtemps où le principe de base consiste à élever la voix, à s’insurger devant des oreilles tellement habituées qu’elle n’écoute plus que le silence d’une Assemblée générale réduite à une ambiance funéraire.
Ce sommet était le lieu qui devait accoucher d’une réforme. Cette réforme, que Kofi Annan et la plupart des observateurs et acteurs au sein de la société civile mondiale voulaient drastique et adaptée au monde en changement, devait marquer le pas pour les années à venir. Une réforme juste, donnant des mandats clairs aux différentes instances de l’organisation pour arriver, plus efficacement, aux solutions souvent trouvées mais jamais appliquées, des problèmes auxquels nous faisons face.
Cependant, comme nous en avons l’habitude dans ce monde inadapté, la montagne a accouché d’une diminutive souris. Cette réforme, signée à la va-vite avant le début du sommet, sous les pressions fortes des attentes des autorités étatiques devenues lasses devant les égarements bureaucratiques de l’organisation, n’est en rien ce que le Secrétaire général avait souhaité. Deux semaines avant le début de la 60ième plénière, John Bolton, le nouvel ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, s’est présenté avec plus de 700 amendements au texte de la réforme.
Conclusion : un texte dépourvu de tout engagements clairs, de tous points de changements sur les politiques principales qu’est, entre autre exemple, le désarmement des États, qui n’obtient aucune mention. Rien non plus concernant la réforme nécessaire du Conseil de Sécurité. À peine une petite incursion sur le nouveau conseil des Droits de l’Homme dont on a omis de préciser le mandat, l’action, et sa portée.
Cette rencontre était probablement l’espoir le plus palpable d’un changement réel des politiques internationales face aux problèmes immenses auxquels le monde fait face. Des problèmes qui, pour la plupart, ont une solution si l’on se donnait la peine de s’armer de sincérité et d’action.
“All The News That’s Fit to Print”
Cette réunion, plus grand rassemblement de têtes influentes jamais organisé, est passé totalement inaperçu. La couverture médiatique de l’événement est réduite à des deuxièmes et des troisièmes pages. Même à New York, hôte de l’événement, les unes étaient réservées à de bien plus aguichants titres.
Il faudra, à court terme, trouver un moyen d’intéresser une population aux enjeux internationaux. Trop peu de gens comprennent l’importance d’un changement radical des politiques et surtout des actions d’un pays. Les affaires étrangères d’une nation ne devraient en aucun cas être étrangères à sa population. Il faudra tôt ou tard faire comprendre à la sphère politique, mais également au monde des médias, à ceux qui nous dirigent et ceux qui nous informent, que l’avenir d’une population dépendra de plus en plus de l’avenir du monde.
En attendant, allez vous promener sur le site des Nations Unies. Visitez les différents organes qui constituent l’organisation pour vous apercevoir qu’il reste encore beaucoup de boulot à abattre. Et que ce n’est pas dans le Journal de Montréal que vous apprendrez de quelle manière le faire.
/BOUCLE_video>"Il faudra, à court terme, trouver un moyen d’intéresser une population aux enjeux internationaux." Je ne pense pas que la population ne s’intéresse pas aux enjeux internationaux ; je crois seulement qu’elle ne croit plus en l’ONU parce qu’elle a trop souvent démontré son impuissance ou probablement manque de volonté à changer les choses. Exemple patent : le dossier de l’Irak. Les petits gestes ont peut-être plus de poids...
Il ne faut jamais, jamais oublier que l’ONU n’est rien sans les États qui la composent. Si l’ONU est inefficace, la faute est imputable aux États, qui n’ont pas la volonté de la rendre efficace pour des raisons bien claires. La réformer voulait dire lui donner les outils nécessaires pour agir, la liberté d’action et un mandat suffisant de ses membres pour prendre action.
Curieux exemple que celui de l’Irak. Car c’est bien là le dossier le plus notable où les Nations Unies ont joué le rôle que l’on voudrait qu’elle joue plus souvent. Un forum international de discussion et de prise de décision. Le Conseil de Sécurité avait été clair. Ce n’est que parce que les États-Unis ont décidé de se soustraire de cette autorité que nous nous retrouvons aujourd’hui dans ce merdier. Et qui est présent aujourd’hui pour aider : l’ONU. Qui a d’ailleurs perdu plusieurs de ses membres dans les nombreux attentats.
Les petits gestes sont aussi importants que les grands. Il faut justement expliquer aux gens comment nous pouvons faire les grands gestes et que ce n’est pas hors de notre portée, car les Nations Unies, ce sont les États, et les États, c’est nous.
Je crois que ton commentaire rerésente bien tout le travail de reconstruction de l’image de cette organisation qu’il reste à faire. Accuser l’ONU, c’est s’accuser nous-même.
Je crois qu’il est effectivement important de décrier l’inactivisme de l’ONU face à certains problèmes ou enjeux majeurs auquel le Monde fait face aujourd’hui.
Toutefois, il est aussi important de nous demander comment nous sommes en mesure de faire quelque chose (nous en tant qu’individu) qui aidera à sauver notre pauvre planète. Trop souvent nous sommes porter à crier aux loups sans que nous fassions quoi que ce soit de notre côté pour changer quelque chose. C’est ici que de petits gestes répétés des centaines, des milliers et des millions de fois nous aiderons à faire une différence. Nous pouvons avoir un impact beaucoup plus grand que nous nous l’imaginons juste par note capacité de persuation et notre capacité d’adaptation. Il faut croire en l’humain qui est avant tout fait de bonté...c’est l’environnement dans lesquel on vit qui modifie les comportements des gens et qui pousse certaines personnes à poser des gestes regrettables. Posons chacun un geste (aussi minime soit-il) qui pourra sûrement avoir un effet d’entraînement sur d’autres personnes. (exemple : acheter des biens de façon raisonnable et réfléchie et ne pas nous laisser influencer par les faux besoins de consommations que les publicitaires et les compagnies tentent de créer chez nous). Ayons confiance en notre pouvoir !
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